Alex.Do Talks

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On a lu dans une de ses interviews qu’Alex.Do était un fan de science-fiction. Quand le Berlinois est passé derrière les platines du Badaboum, on en a profité pour lui poser quelques questions à ce sujet.

 

 

Ta musique peut être vraiment deep, proche de l’ambiant, parfois même cinématographique. Ça pourrait t’intéresser de produire des BO de films un jour ?

En réalité, je l’ai déjà fait. Pas entièrement mais j’ai pu y participer. Avec Frank Wiedemann et d’autres grands artistes, nous avons composé et produit la BO du film “Symphony Of Now”. C’était un travail vraiment intéressant, j’aimerais beaucoup aller plus loin dans cette démarche et réitérer ce travail plus souvent.

 

La science-fiction anticipe souvent l’évolution de nos technologies. Quelle place possèdela technologie dans ta musique ? Es-tu par exemple fou des synthés analogiques ou de vieilles boîtes à rythme ?

Je dirais que la technologie a un rôle central dans ma musique. Sans elle, je ne pourrais pas produire les sons que je voudrais. Que ce soit juste avec un ordinateur ou, dans mon cas, avec beaucoup de matos.

 

Comment te sens-tu face à toutes ces nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, la géolocalisation ou la reconnaissance faciale ?

Mes sentiments sont mitigés quand il s’agit de collecte de données personnelles, d’empreintes digitales ou de reconnaissance faciale. On nous dit que ces technologies existent pour nous rendre la vie plus facile ou pour rendre notre monde plus sûr. C’est peut-être le cas, mais c’est également effrayant de savoir que quelqu’un a accès à une grande partie de ta vie.

 

Quel est le livre de science-fiction que tu as envie de partager avec nous aujourd’hui ?

J’étais plongé dans d’autres styles de littérature récemment, mais le dernier en date était le classique “Solaris” de Stanislav Lem. Cette histoire est parfaite, tout comme la façon dont il l’a écrite. C’est assez philosophique, surtout dans le dernier tiers du livre où le lecteur est confronté à un paquet de questions à propos de la vie. Cette partie du bouquin est incroyable.

 

As-tu déjà sorti un morceau inspiré par de la science-fiction ? 

Mon dernier disque sorti sur Dystopian est un référence éponyme à un film de science-fiction : “World On A Wire”.

 

Ton label Dystopian dit que tes humeurs caractérisent ta musique. Selon certains écrivains, cette humeur peut être manipulée par la technologie ou par des substances (le “Soma” dans “Le Meilleur Des Mondes” d’Aldous Huxley ou encore la “boîte à empathie” pour Philip K. Dick dans “Blade Runner”). Peux-tu imaginer prendre des substances ou faire de la méditation (par exemple) pour forcer une certaine humeur quand tu crées de la musique ?

Quand je compose, l’objectif est plus de retranscrire mon humeur actuelle et mes sentiments dans ma musique. Je pense que je n’ai jamais ressenti le besoin de prendre de la drogue ou faire quoi que ce soit pour mieux ressentir ces humeurs ou ces sentiments.